Où loger à Fès : les quartiers comparés honnêtement
Hébergement · Fès

Où loger à Fès : les quartiers comparés honnêtement

Fès récompense l'instinct inverse de Marrakech. À Marrakech, on peut légitimement hésiter entre la vieille ville et la nouvelle ; à Fès, la médina est tout l'intérêt, et la Ville Nouvelle est l'endroit où l'on dort quand on vient pour affaires. Fès el-Bali est la plus vaste zone urbaine sans voiture au monde — quelque neuf mille ruelles, des ânes qui assurent encore les livraisons, et une pente qui décide de la difficulté de votre journée valises. La vraie question n'est donc pas « médina ou pas ». C'est : à quelle porte votre taxi s'arrête-t-il, et combien de mètres traînerez-vous votre bagage depuis là ?

⏱ 10 min de lecture

L'essentiel en bref

  • Fès el-Bali — la vieille médina — est la raison de votre venue. C'est aussi la plus grande zone sans voiture au monde : aucun véhicule n'atteint votre porte.
  • La porte compte plus que l'adresse : Bab R'cif amène la voiture au plus près des riads centraux ; Bab Boujloud est célèbre mais perchée en haut de la pente.
  • Batha, juste à l'intérieur de Bab Boujloud, est la base la plus simple pour un premier séjour — proche des sites et de l'accès véhicule.
  • Les riads près des tanneries Chouara ont la vue… et l'odeur. Le compromis est bien réel.
  • La Ville Nouvelle est moderne, avec les bars et la gare — et passe à côté de l'essentiel de Fès sur un court séjour.
  • Les riads de Fès sont généralement moins chers et souvent plus somptueux que leurs équivalents marrakchis.

Fès, ce sont trois villes, pas une

Le nom recouvre trois lieux distincts. Fès el-Bali est la médina médiévale fondée au IXe siècle, classée à l'UNESCO, et la raison pour laquelle on prend l'avion : un dédale dense, en pente, souvent couvert, où la mosquée-université Karaouiyine occupe le centre et où rien de plus large qu'un âne ne passe. Fès el-Jdid, « Fès la Neuve », est l'extension du XIIIe siècle juste à côté : le Palais royal et ses portes dorées, le Mellah, plus calme et plus populaire.

Et la Ville Nouvelle, tracée par les Français à deux kilomètres à l'ouest, aligne boulevards, hôtels modernes, bars et la gare. Presque tout ce que vous venez voir se trouve dans la première — et ce seul fait devrait guider votre réservation.

Fès el-Bali : la médina qui avale le GPS

Beaucoup arrivent à Fès après avoir « fait » la médina de Marrakech, et prennent une leçon d'humilité. On change d'ordre de complexité : des milliers de ruelles, souvent couvertes, parfois à peine larges d'une épaule, qui bifurquent sans cesse et ne sont presque jamais signalées. Le réseau lâche, le GPS renonce sous les toits de roseau, et la carte cesse de vouloir dire quoi que ce soit au bout de quatre virages.

Ânes et charrettes transportent encore le fret : on s'aplatit contre un mur quand quelqu'un lance « balak ! ». La médina épouse aussi une pente dont personne ne vous prévient : les portes ouest sont hautes, la rivière et R'cif sont en bas, et chaque trajet est une descente ou une montée. C'est magnifique — véritablement médiéval, comme Marrakech ne l'est plus tout à fait — mais cela exige davantage de vous, et votre logistique bagages doit en tenir compte.

Quelle porte est la vôtre — la décision qui compte

À Fès, posez à votre riad une question avant toutes les autres : à quelle bab la voiture s'arrête-t-elle ? Bab Boujloud, la porte bleue, est l'entrée carte postale et la destination par défaut des taxis. Elle se trouve en haut de la pente, sur le flanc ouest : délicieux pour une première entrée — en descente, le long des souks de la Talaa Kebira — et punitif quand on remonte une valise en fin de séjour.

Bab R'cif, en bas près de la rivière, est la réponse d'initié : elle donne sur la place R'cif, une voiture y accède vraiment, et elle est bien plus proche des riads centraux autour de Seffarine et de la Karaouiyine que Boujloud. Bab Guissa dessert le nord, Bab Ftouh le sud-est, et Batha, juste en dehors de Boujloud, dispose d'un vrai accès véhicule.

Deux riads distants de cent mètres peuvent offrir des arrivées très différentes selon la porte annoncée — obtenez donc le nom de la bab par écrit avant de partir.

Dans la médina, tous les quartiers ne se valent pas

Batha, juste à l'intérieur et autour de Bab Boujloud, est la base la plus simple pour une première fois : vous êtes à quelques minutes de la porte bleue, du musée Dar Batha et du sommet des deux grandes artères à souks, et un taxi approche vraiment. L'axe Talaa Kebira / Talaa Seghira est le cœur touristique — chaque étal et chaque atelier que vous avez vus en photo, avec l'affluence et le bruit qui vont avec.

R'cif, en bas et au centre, est le choix pratique : accès véhicule à la porte, marche courte et presque plate jusqu'à la Karaouiyine et à Seffarine. Seffarine, la place des dinandiers, est très atmosphérique et résonne de martèlements jusqu'au soir. Le quartier Andalou, de l'autre côté de la rivière, est le calme : résidentiel, bien moins touristique, plus vrai, et plus loin de tout.

Reste la couronne autour des tanneries Chouara, où les vues de terrasse sont célèbres et où l'ammoniac voyage avec le vent.

Riad ou dar, et ce que Fès fait différemment

À la lettre, un riad possède un jardin intérieur et un dar une cour sans jardin, même si l'usage a fondu les deux sous le mot « riad ». Ce qui compte, c'est que les riads de Fès sont souvent plus somptueux que ceux de Marrakech : c'était la capitale savante et marchande, et les vieilles demeures le montrent — cèdre sculpté, zellij jusqu'au plafond, stuc qui a occupé un artisan une année entière.

Vous paierez fréquemment moins cher ici pour quelque chose de plus beau. Les contreparties sont celles de toute médina, en plus marqué. Escaliers raides, aucun ascenseur. Le son traverse la cour. Beaucoup de riads ne servent pas d'alcool. Les chambres peuvent être sombres : ces maisons ont été bâties pour exclure le soleil. Et le bassin, quand il existe, est décoratif.

Le riad reste souvent le point fort du séjour — choisissez-en simplement un compatible avec vos genoux et vos valises.

Fès el-Jdid et le Mellah

L'extension du XIIIe siècle est une vraie option, et sous-estimée. Vous y trouvez les portes dorées du Palais royal, le Mellah et ses maisons à balcons, l'ancien cimetière juif et le marché couvert de Bab Semmarine — le tout nettement plus calme que Fès el-Bali, avec des ruelles plus larges et un accès véhicule plus facile. On est à dix ou quinze minutes à pied des portes ouest de la vieille médina : proche, sans être dans le dédale.

À choisir si vous voulez l'atmosphère de la médina avec un niveau de difficulté abaissé, ou si vous connaissez déjà Fès et n'avez plus besoin d'être au cœur. Préférez Fès el-Bali si c'est votre seul séjour et que vous voulez vous réveiller à l'intérieur de ce que vous êtes venu voir.

La Ville Nouvelle : quand elle a du sens

La ville nouvelle française est l'endroit où Fès mène sa vie moderne : avenue Hassan II, boulevard Mohammed V, hôtels aux standards internationaux avec ascenseur et climatisation fiable, bars et restaurants qui servent du vin, supermarchés, et la gare ONCF vers Casablanca, Rabat, Tanger et Marrakech. Comptez deux kilomètres et 10–15 minutes de petit taxi depuis Bab Boujloud. Elle se justifie dans trois cas : vous venez travailler ; vous avez un train tôt ; vous voulez un verre et une piscine après une rude journée dans les ruelles.

Pour tous les autres, sur deux ou trois nuits, c'est le mauvais choix — la Ville Nouvelle est agréable et oubliable, et vous feriez la navette vers la seule chose qui fait de Fès, Fès. C'est là que Fès se sépare nettement de Marrakech, où Guéliz est une destination en soi.

Ce que cela coûte réellement

Fès est sensiblement moins chère que Marrakech à qualité comparable, et c'est l'un des plaisirs discrets de la ville. En moyenne saison, par nuit pour deux : un riad simple de médina tourne autour de 25–40 € ; un très joli riad de milieu de gamme, cèdre sculpté, petit-déjeuner soigné et terrasse sur les toits, se situe entre 45 et 90 € ; et les grands palais restaurés dépassent 150–250 €.

Les hôtels de la Ville Nouvelle vont de 35 à 70 € et vous achètent un ascenseur et un bar plutôt que de la beauté. Fès el-Jdid se place dans le bas de la fourchette « médina ». Les tarifs se tendent au printemps et en automne — les deux saisons où Fès est parfaite — et s'assouplissent dans la chaleur de juillet-août comme au cœur de l'hiver, quand les ruelles de pierre deviennent franchement froides et humides.

Ce que votre quartier change à l'arrivée de l'aéroport

Fès–Saïss (FEZ) est à environ 15 km : prévoyez 20 à 25 minutes jusqu'aux portes de la médina, plutôt que le quart d'heure marrakchi. Ensuite, c'est le même relais, en plus exigeant : aucun véhicule n'entre dans Fès el-Bali, donc le chauffeur s'arrête à la bab et un porteur prend le relais avec sa charrette. La différence avec Marrakech tient à la pente et à l'échelle — une mauvaise porte, ce sont quinze minutes de pavés en montée avec une valise au lieu de quatre minutes à plat.

Les riads maîtrisent parfaitement ce point et enverront un porteur au nom du client si vous transmettez un numéro de vol : encore faut-il le demander, et confirmer la porte. Atterrir de nuit, dans une médina aux ruelles couvertes et mal éclairées où votre téléphone a déjà renoncé, c'est exactement l'arrivée qu'il vaut mieux réserver à l'avance plutôt que négocier à la station.

Qui devrait loger où

Premier séjour, deux ou trois nuits, pour la médina : un riad à Batha ou autour de R'cif — l'atmosphère avec une arrivée gérable. Photographes et habitués : au cœur de Fès el-Bali, près de Seffarine ou de la Karaouiyine, en assumant la marche. Sommeil léger : le quartier Andalou de l'autre côté de la rivière, ou Fès el-Jdid. Genou fragile, valise lourde ou poussette : Fès el-Jdid, Batha ou la Ville Nouvelle — la médina profonde est un vrai effort.

Voyage d'affaires et train matinal : Ville Nouvelle, sans discussion. Familles : Fès el-Jdid ou Ville Nouvelle pour l'espace et l'ascenseur ; un riad au fond de la médina avec un bambin relève de la musculation. Envie d'un verre au dîner : Ville Nouvelle, ou un riad licencié — vérifiez avant de réserver, pas après.

Les erreurs qui gâchent un séjour à Fès

Réserver un riad avec vue sur les tanneries sans intégrer que la vue vient avec l'odeur : les cuves de Chouara se travaillent à la chaux et à la fiente de pigeon, et par temps chaud et sans vent, cela monte jusqu'à la terrasse. Laisser le taxi filer vers Bab Boujloud parce qu'elle est célèbre, puis découvrir que votre riad est vingt minutes plus bas et que vous remonterez avec les valises le jour du départ.

Choisir la Ville Nouvelle pour un court séjour et faire, de fait, la navette vers Fès. Croire que l'expérience de la médina de Marrakech se transpose : elle ne se transpose pas ; Fès est plusieurs fois plus difficile à lire, et la flânerie confiante qui fonctionne là-bas vous égare complètement ici. Et se fier à son téléphone : obtenez le nom de la porte, le numéro du riad et un porteur, car le GPS sous un toit de roseau, dans une médina de neuf mille ruelles, est un ornement, pas un outil.

💡 À retenir sur le terrain
  • Demandez à quelle bab la voiture s'arrête — et faites-le confirmer par écrit. À Fès, la porte compte plus que la rue.
  • Bab R'cif offre en général la marche la plus courte jusqu'à un riad central ; Bab Boujloud est la plus belle et la plus haute.
  • Fès el-Bali est en pente : anticipez la montée du jour du départ, pas seulement la descente de l'arrivée.
  • Vue sur les tanneries rime avec odeur des tanneries. Charmant une heure, moins au petit-déjeuner chaque matin.
  • La plupart des riads de médina ne sont pas licenciés — si vous voulez du vin au dîner, vérifiez avant de réserver.
  • Enregistrez hors ligne le numéro du riad et le nom de la porte : le GPS meurt sous les ruelles couvertes.

Questions fréquentes

Faut-il loger dans la médina de Fès ou en Ville Nouvelle ?

La médina, pour presque tout le monde. Fès el-Bali est la raison de venir et, contrairement au Guéliz de Marrakech, la Ville Nouvelle de Fès n'est pas une destination en soi : c'est une ville moderne agréable et ordinaire, à deux kilomètres. Ne choisissez la Ville Nouvelle que si vous venez travailler, avez un train tôt, ou tenez absolument à un ascenseur, une piscine et un bar.

À quelle porte mon taxi doit-il s'arrêter ?

Demandez-le à votre riad : c'est la question la plus utile à Fès. Bab R'cif, en bas et au centre, amène généralement la voiture au plus près des riads autour de Seffarine et de la Karaouiyine. Bab Boujloud, la porte bleue, est l'entrée célèbre mais se situe haut, sur le flanc ouest : cela peut signifier une longue descente à l'arrivée (et une montée au départ). Batha et Bab Guissa desservent d'autres quartiers.

Un taxi peut-il atteindre la porte de mon riad à Fès ?

Non. Fès el-Bali est la plus grande zone urbaine sans voiture au monde, et les ruelles sont bien trop étroites — le fret circule encore à dos d'âne et en charrette. Le chauffeur s'arrête à une porte et un porteur emmène les bagages. Donnez un numéro de vol à votre riad et il enverra quelqu'un ; sur une arrivée de nuit, ce n'est pas un luxe, c'est la différence entre arriver et se perdre.

Est-ce gênant de loger près des tanneries ?

Cela dépend de votre nez. Les tanneries Chouara se travaillent à la chaux et à la fiente de pigeon, et l'ammoniac porte vraiment : les riads voisins vendent la vue sur les cuves, et l'odeur vient avec, surtout par temps chaud et sans vent. C'est atmosphérique une heure, un brin de menthe sous le nez. C'est autre chose au petit-déjeuner du troisième jour.

La médina de Fès est-elle plus difficile que celle de Marrakech ?

Nettement. Fès el-Bali compte des milliers de ruelles, souvent couvertes, presque jamais signalées, en pente, et elle met le GPS en échec presque totalement. La médina de Marrakech est un labyrinthe qu'on apprend en deux jours ; celle de Fès est un dédale où les habitants eux-mêmes indiquent le chemin par repères. Se perdre fait partie du plaisir en journée — ne comptez simplement pas sur votre téléphone pour trouver une porte sans enseigne la nuit.

Fès est-elle moins chère que Marrakech ?

En général oui, et souvent pour plus beau. Fès fut la capitale savante et marchande : ses vieilles demeures portent un artisanat considérable — cèdre sculpté, zellij du sol au plafond, stuc taillé à la main — et un riad de milieu de gamme à 45–90 € y surclasse fréquemment un riad marrakchi au même prix. La ville est aussi moins tournée vers le tourisme, ce qui maintient la restauration et les dépenses courantes à un niveau plus bas.